
HE1G - Le Phare des Pâquis

Le phare des Pâquis sous la glace. Janvier 2005
L'activation ILLW 2005 du Phare des Pâquis à Genève est un succès !

HE1G ou l'histoire d'un week-end autour d'un phare
Vendredi 19 août vers 20 heures:
Il fait encore beau et assez chaud. Sur le parking à côté du quai des bains des
Pâquis se déroule une activité qui n’a pas l’air d’être celle de quelques
baigneurs tardifs. On vient de décharger un minibus de son contenu de composants
lourds sur un chariot qui ressemble singulièrement à ceux de certains grands
supermarchés. Après c’est la "longue marche", ou plutôt DES longues marches, vu
tout le matériel à transporter, tout au long du quai et des bains, vers le but
final.
Le but final ? Rien d’autre que le
Phare des Pâquis, à l’extrémité de la jetée. En fait, sous l’indicatif HE1G,
accordé par l’OFCOM jusqu’à la fin de l’année, notre section allait participer
au ILLW, ou International Lighthouse & Lightship Weekend. Dans la liste mondiale
de l’Amateur Radio Lighthouse Society (ARLHS), qui dénombre un total de 11'644
phares et bateaux–feu dans 218 pays
DXCC, la Suisse – qui ne se distingue pas
comme pays maritime – est fière de posséder un seul phare. En l’occurrence le
Phare des Pâquis, qui porte le numéro de SWI 001.
Un peu d’histoire
Le phare découlait
du Projet Général de Port pensé par Léopold Blotnitzki à la deuxième moitié du
19ème Siècle dans le sillage de l’arrivée à Genève du chemin de fer et de
l’accroissement du trafic marchand. Sa physionomie s’est modifiée depuis la mise
en service en 1860.
A la fin du 19ème siècle, la plupart des surfaces dévolues à l’entreposage et
aux métiers traditionnels (navigation marchande, pêche...) cédèrent leur place
aux activités de loisirs, comme nous (et tous nos visiteurs d’été venant du
Moyen Orient) les connaissons aujourd’hui. Le premier phare était conçu par
Elie-François Wartmann et fonctionnait à l’électricité, ce qui était
exceptionnel pour l’époque. Mais les essais, peu concluants, furent abandonnés,
et le phare fut entièrement reconstruit en 1896.
Installation
A une centaine de mètres du phare, là où la jetée devient un peu plus large, il
y a non seulement de la place pour placer deux petites tentes, mais aussi deux
grands arbres. Et qui dit "arbre" à un radioamateur dit "support d’antenne". Une
avant-garde avait déjà fait un bon travail le jeudi soir en montant des mâts
pour soutenir un dipôle pour les bandes de 40 et 80 mètres. Reste pour l’équipe
de vendredi de grimper dans les arbres pour monter un mât télescopique d’environ
15 mètres de hauteur pour tenir un dipôle rotatif pour 10-15-20 mètres et – plus
difficile – ériger le deuxième dipôle, en fil cette fois, entre les deux arbres
pour 40 et 80 mètres. Suivent les deux tentes et l’installation des deux
transceivers HF avec tous leurs accessoires. Un peu plus loin se trouve un
emplacement en plein air pour la station VHF/UHF avec une simple antenne
verticale.
Et l’alimentation en 220 volts ? Grâce à notre
ami Cédric HB3YNV nous avons accès au local des
sauveteurs du lac qui nous offre non seulement un peu d’abri (pour le cas ou …
nous verrons cela plus tard dans la nuit du samedi au dimanche……) mais aussi les
220 volts avec suffisamment d’ampères. Il faut donc "seulement" tirer un câble
(de quelques 50 mètres de longueur) entre le local et les tentes.
Mais nous ne sommes pas seuls sur le quai ce
vendredi soir, surtout que le temps est encore assez clément. Pendant le montage
nous devons répondre aux questions de quelques flâneurs curieux, auxquels il
fallait donner un bref aperçu de ce que c’est le radio-amateurisme.
Enfin tout est prêt, et l’équipe de montage ne se laisse pas distraire par la
soirée "tango" que les animateurs des bains ont organisé pour le grand public à
une courte distance de nos tentes.
C'est parti !
A 22h00 UTC on lance le premier CQ et le "pileup" ne se fait pas attendre pour
les opérateurs des deux stations.
Pour une fois les prévisions de la météo ont raison, et le temps se dégrade
lentement mais sûrement. Le samedi : pas encore de la pluie mais il commence à
faire nettement plus frais. Dans les deux tentes les QSOs se suivent à un rythme
accéléré en CW et SSB. Sur VHF et UHF le rythme est moins rapide, mais malgré
une antenne modeste on progresse.
A part des opérateurs il faut également une
équipe de soutien pour donner aux passants piqués par la curiosité des
explications sur ce qui se passait (" ……non, ce n’était pas le tournage d’un
film…………"). Nous disposons de trois grands panneaux avec textes et photos sur
les différents aspects de notre hobby, qui se révèlent très utiles.
Comme on s’y attendait, l’activité pour la
station 10/15/20 mètres se concentre sur la bande de 14 MHz et celle de l’autre
station sur 7 MHz. L’indicatif HE1G exerce naturellement beaucoup d’intérêt, pas
seulement pour les stations "phare". Même s’il ne s’agit pas d’un concours, on
est quand même obligé de passer en opération "contest" raccourci, tout en
donnant des explications au sujet du Internantional Lighthouse & Lightship
Weekend (ILLW).
La météo s'en mêle ...
La dégradation du temps continue inexorablement. Dans les petites heures de
la nuit du samedi au dimanche finalement c’est la fin pour la grande tente, qui
n’était vraiment pas conçue pour résister à autant de pluie et de vent. Pour
sauver les équipements – et les opérateurs – de la noyade il faut déménager
d’urgence à 4 heures du matin dans la deuxième tente, qui est plus petite mais
nettement plus solide. Ainsi se trouvent les deux transceivers 10/15/20 et 40/80
côte à côte pour le reste du weekend.
Le dimanche n’était vraiment pas la plus belle
journée de la semaine. C’est ainsi que le démontage a dû être entrepris par une
pluie battante et un froid inconfortable, quelques heures plus tôt que prévu à
l’origine. Ce qui n’empêche pas l’équipe de 40/80 de continuer à trafiquer
jusqu’à la toute dernière, mais vraiment dernière, minute pendant la descente du
mât de la station HF.
"Tout est bien qui finit bien" a dit
quelqu’un bien avant nous. Et c’est ainsi qu’avant de partir toute l’équipe se
réchauffe en prenant un verre dans le local des sauveteurs. Toute l’équipe ?
Vingt amateurs et SWLs, qui ont eu un plaisir énorme et ont bien rigolé en
faisant un total de 2546 QSOs, dont 1030 en CW et 1516 en phonie, avec 75 pays
sur les six continents. A notre connaissance nous avons contacté au moins 29
stations phare dans 15 pays.
Au moment où vous lisez ces lignes [ndlr :
septembre 2005], la très jolie carte QSL de HE1G
se trouve en impression. Et nous songeons déjà à réactiver cet indicatif
spécial, que l’OFCOM nous a très aimablement accordé jusqu’à la fin de 2005, au
moins encore une fois avant le 31 décembre.
A bientôt !
Gerald
HB9AJU
Septembre 2005
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